Pourquoi et comment faire une étude thermique pour une rénovation en france ?

Un logement ancien gagne à être rénové pour le remettre au goût du jour, mais pourquoi ne pas en profiter pour améliorer sa performance énergétique ? En effet, en diminuant la consommation d’énergie, on diminue les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi sa facture énergétique. Faire une étude thermique de rénovation avant d’engager des travaux permet de rentabiliser son investissement et de n’entreprendre que les actions nécessaires.

Depuis 1974, la réglementation thermique limite la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs ou existants. Chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, production d’eau chaude sanitaire, tous les postes énergétiques sont concernés. La RT 2012, dernière en date jusqu’à la prochaine qui doit entrer en vigueur en 2020, fixe ainsi la limite à 50 kWhEP par m² par an pour les constructions neuves. Les bâtiments existants sont eux aussi concernés lorsque le maître d’ouvrage entreprend des travaux : la réglementation thermique dans l’existant encadre alors les caractéristiques thermiques et la performance énergétique à atteindre (arrêté 3 mai 2007 modifié par arrêté 22 mars 2017, applicable au 1er janvier 2018). Il peut donc être judicieux de faire une étude thermique avant rénovation de votre maison.

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Pourquoi faire une étude thermique pour une rénovation ?

Pour respecter l’obligation réglementaire

Depuis le 1er janvier 2017, la loi relative à la transition énergétique vers la croissance verte oblige à réaliser des travaux d’isolation en cas de travaux importants de réfection de toiture, ravalement de toiture ou aménagement d’une pièce en vue de la rendre habitable. L’idée : profiter d’un projet de travaux importants pour y greffer des travaux d’amélioration énergétique. Cela permet de mutualiser les coûts et les formalités administratives, mais aussi de diminuer les nuisances. Mais avant d’entreprendre quoi que ce soit, il vous sera utile de faire une étude thermique avant la rénovation afin d’éviter de faire des travaux d’isolation, notamment, si cela n’est pas absolument nécessaire.

Le Code de la construction et de l’habitation (articles L. 111-10 et R. 131-25 à R.131-28-11) distingue deux grands cas de rénovation selon l’importance des travaux :

  • La rénovation dite « globale » concerne les bâtiments achevés après le 1er janvier 1948 dont la SHON (surface hors oeuvre nette) est supérieure à 1000 m² et dont le coût des travaux de rénovation est supérieur à 25 % de la valeur hors foncier du bâtiment. Ces bâtiments ont un objectif de performance globale pour l’ensemble du bâtiment.
  • La rénovation partielle concerne tous les autres cas : par exemple le changement ou l’installation d’un élément du bâti (isolation, fenêtres, chaudière…). La réglementation exige alors une performance minimale liée au seul élément remplacé ou installé.

L’étude thermique permet de garantir que le bien est conforme à la réglementation thermique et que les systèmes (chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation) sont adaptés aux usages. Bien évidemment, une étude thermique doit également être réalisée en cas de construction neuve afin d’obtenir un permis de construire.

Pour faire les travaux dans l’ordre

Depuis le 1er juillet 2007, tout bien immobilier bâti proposé à la vente doit mentionner obligatoirement la classe énergétique du bâtiment. Le diagnostic de performance énergétique (DPE), s’il est obligatoire, n’est pas aussi poussé qu’une étude thermique. Il évalue de A à G la consommation énergétique annuelle du logement et son niveau d’émission de gaz à effet de serre. Il recommande aussi des solutions pour améliorer la note. Ce premier diagnostic permet aux propriétaires d’avoir un état de lieux de leur logement. Parfois, cela déclenche une volonté d’entreprendre des travaux de rénovation énergétique pour apporter une plus-value au logement. C’est alors que l’étude thermique peut se révéler indispensable pour aider à la décision. L’expérience montre en effet qu’il est nécessaire de penser globalement sa rénovation énergétique. Il est inutile de changer une chaudière si les fenêtres laissent partir toute la chaleur, si le mur exposé au nord est mal isolé ou si la ventilation est insuffisante.

Le DPE est donc utile pour situer son logement sur l’échelle énergétique, mais il ne suffit pas pour auditer précisément son habitation. La méthode utilisée (3CL ou méthode des factures) base en effet ses calculs sur les factures de consommation (qui peuvent différer en fonction des habitudes des occupants). Au contraire, l’étude thermique, plus objective, permet de connaître précisément la consommation et les déperditions de la maison. Elle donnera les priorités et proposera des scénarii de travaux qui hiérarchisent les impératifs en fonction du budget disponible.

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Qui est concerné ?

Vous remplacez ou installez un élément du bâtiment

Vous devez faire en sorte d’améliorer la performance énergétique du bâtiment dès lors que vous remplacez ou installez un élément : installation d’une nouvelle chaudière, remplacement de fenêtres ou de portes, ravalement de façade, aménagement d’une nouvelle pièce en vue de la rendre habitable… Cette obligation concerne les locaux d’habitation, de bureaux, d’enseignements, commerciaux et les hôtels. L’étude thermique est alors un bon moyen d’identifier les travaux nécessaires pour améliorer la performance énergétique.

Vous voulez obtenir des labels ou des aides financières

La réalisation d’une étude thermique est un préalable obligatoire pour obtenir des labels de performance énergétique comme le label HPE (haute performance énergétique) Rénovation ou le label BBC Effinergie Rénovation. Ils sont délivrés par des organismes de certification indépendants qui garantissent que les prescriptions sont respectées.

La production d’une étude thermique est aussi obligatoire pour obtenir un éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) de 30 000 euro au titre de l’amélioration de la performance énergétique globale.

Comment faire une étude thermique ?

S’adresser au bon professionnel

L’étude thermique est réalisée par un bureau d’études thermiques, mais la profession d’ingénieur thermicien n’est pas réglementée. La hausse des prix de l’énergie et l’importance de la réglementation thermique ont occasionné une croissance exponentielle des bureaux d’études thermiques. Il faut donc être prudent sur le choix de son professionnel. Dans la rénovation, le thermicien doit utiliser la méthode TH-C-E-ex qui évalue finement la consommation énergétique en prenant en compte tous les éléments : parois, murs, orientation, altitude, exposition au vent… et en partant d’une hypothèse conventionnelle unique (température de chauffage à 19°). Une étude thermique dure environ 2h (voire plus si le thermicien doit prendre des métrés en l’absence de plans) et le prix d’une étude thermique pour la rénovation de votre maison n’est pas soumis à une grille tarifaire fixe mais n’est pas gratuit, il serait donc judicieux de faire établir plusieurs devis avant de faire votre choix.

Financer ses travaux

Si vous avez décidé d’entreprendre des travaux de rénovation pour améliorer la performance énergétique de votre logement, vous pouvez vous faire accompagner par des organismes indépendants afin de ne pas faire d’erreur, mais aussi pour financer vos travaux. De nombreux dispositifs existent pour les travaux d’économie d’énergie dans le logement : déductions ou crédits d’impôts, éco-prêts à taux zéro, chèques énergie, taux de TVA réduite…

À travers le site vous trouverez toutes les possibilités de financement, des listes de professionnels compétents et des conseils pour rénover votre logement et améliorer sa performance énergétique. FAIRE est un service public gratuit d’information, c’est là que vous pourrez contacter un conseiller indépendant qui vous accompagnera dans votre projet.

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